La musique et ses effets sur le cerveau

18 septembre 2013 - La musique adoucit les mœurs… et a bien d’autres effets insoupçonnés sur le cerveau humain.

Depuis des milliers d’années, la musique fait partie intégrante de la vie de l’homo sapiens : de tout temps, nous l’avons utilisée pour nous détendre, pour nous stimuler ou pour marquer les événements importants de la vie. Depuis quelques décennies, la musique est aussi utilisée en contexte clinique pour ses effets thérapeutique, ainsi que pour sa capacité à promouvoir une bonne santé physique et mentale. Récemment, un rapport de Hill Stratégies Recherche concluait que les gens qui fréquentent les concerts de musique populaire sont plus enclins à se déclarer en très bonne santé. Comment peut-on expliquer le caractère universel de la musique? Par quels mécanismes influence-t-elle nos humeurs et notre santé? Dans ce premier d’une série de trois articles, nous apporterons des réponses à ces questions grâce aux travaux récents – et fascinants – de chercheurs canadiens.

Le cerveau, tant dans ses circuits que dans sa chimie, est fait pour réagir positivement à la musique.

Le Dr. Valorie Salimpoor écoutant de la musiqueLorsque nous écoutons une musique agréable, l’activité cérébrale s’accentue dans le noyau accumbens, une partie primitive du cerveau qui répond notamment à des stimuli indispensables à la survie tels l’alimentation et la reproduction sexuelle. Cette activité accrue entraîne aussi la libération de dopamine, un neurotransmetteur qui joue un rôle essentiel dans les systèmes de récompense, de motivation et de plaisir. Selon les recherches menées par Valorie Salimpoor et Robert Zatorre, la sécrétion de dopamine ne se produit pas uniquement lors des pics émotionnels, ces passages musicaux où l’on ressent un « frisson » de plaisir, mais aussi quelques secondes plus tôt, lors d’une phase anticipatoire. Cette activité cérébrale complexe et l’éveil affectif qui l’accompagne entraînent de surcroît une série de réactions physiologiques : un frisson qui parcourt le dos et un accroissement du rythme cardiaque, de la respiration et de la transpiration – des réactions tout à fait comparables à celles découlant de l’excitation sexuelle ou d’autres stimuli liés à la survie.

Des chercheurs de l’Université McGill, Mona Lisa Chanda et Daniel Levitin, ont par ailleurs mis en évidence trois autres systèmes neurochimique grâce auxquels la musique pourrait exercer des effets bénéfiques sur notre santé et notre bien-être :

  • l’immunité – dans laquelle intervient la sérotonine;
  • le stress et l’éveil – dans lesquels intervient le cortisol; et,
  • la création de liens sociaux – dans laquelle intervient l’ocytocine.


En effet, d’après les données colligées dans le cadre de cette étude, la musique augmente à la fois le taux d’immunoglobuline A, un anticorps qui joue un rôle crucial dans l’immunité des muqueuses, et le nombre de lymphocytes NK (natural killer), des cellules de l'immunité innée. L’écoute et la pratique de la musique réduisent par ailleurs le taux de cortisol (l’hormone du stress) dans l’organisme. Il semble enfin y avoir des liens entre la musique et l’ocytocine, que l’on surnomme « hormone de l’amour » et qui joue un rôle important dans l’attachement aux pairs, le sentiment d’appartenance à un groupe et l'empathie.

Ce corpus de savoirs sur les neurosciences de la musique nous permet de comprendre un peu mieux le caractère universel de la musique. Il ouvre aussi la voie à des applications intéressantes dans d’autres secteurs. Cela fera l’objet d’articles subséquents.

Régidé par Frédéric Julien, pour Orchestres Canada et CAPACOA

 

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