Les dépenses de loisirs des Canadiens en 2014

L'Enquête sur les dépenses des ménages (EDM) est effectuée à chaque année par Statistique Canada. Elle fournit des renseignements détaillés sur les dépenses des ménages, ainsi que sur les caractéristiques démographiques du ménage et sur l'équipement que possède le ménage (par exemple, l'équipement électronique et le matériel de communication). La méthodologie de l'EDM a changé en 2010, si bien que les comparaisons avec les années antérieures ne sont pas possibles. Par ailleurs, les dépenses pour les arts de la scène sont désormais agrégées avec celles pour les événements sportifs. En dépit de ces limites, l'EDM demeure une source d'information utile concernant l'utilisation du revenu disponible des particuliers.

Ce bref rapport offre un aperçu de quelques dépenses de l’EDM 2014 qui relèvent de la fréquentation ou de la consommation des arts et de la culture. Plus spécifiquement, le rapport examine les dépenses de divertissement et les dépenses de communication.

Note : Une analyse partielle des données de 2015 a été publiée le 27 février 2017.

Le divertissement au ralenti

Malgré la faible croissance économique, les dépenses de loisirs des ménages ont cru de façon constante entre 2010 et 2013, atteignant un sommet de 3 930 $ par ménage en 2013. Ils ont ensuite fléchit de 2 % pour totaliser 3 843 $ en 2014. Bien que modeste, cette diminution pourrait sous-tendre des changements dans les priorités de consommation :

  • Entre 2013 et 2014, la baisse a été particulièrement forte pour le matériel de loisir et le matériel de divertissement au foyer (-16 % et -15 %);
  • Les dépenses pour les services de télévision et de radio par satellite se sont maintenues;
  • Les établissements récréatifs – ce qui inclut les frais pour les équipes sportives, les activités sportives telles que la nage, le ski, le golf, le tennis, l’aérobie, le yoga, ainsi que les frais pour les installations de bains nordiques – ont cru de 14 %;
  • Les voyages ont augmentés de 62 %;
  • Le divertissement à l’extérieur de la maison a baissé de 24 %.

Le divertissement à l’extérieur du foyer comprend les sorties au cinéma, les événements sportifs et les spectacles en salle, ainsi que les musées, zoos et autres sites. Les dépenses peuvent fluctuer beaucoup d’une année à l’autre dans certaines sous-catégories. Cela s’explique notamment du fait que le nombre de répondants pour ce genre de dépenses est limité, ce qui entraîne une plus grande marge d’erreur. Afin de réduire l’effet de ces variations, le tableau qui suit présente les dépenses en colonnes empilées, ce qui correspond par ailleurs au comportement de l’omnivore culturel, lequel fréquente autant le théâtre ou la danse que les musées.

Dépenses des ménages (loisirs) pour le divertissement à l'extérieur du foyer

Les dépenses pour les cinémas ont connu la croissance la plus marquée, passant de 46 à 69 $ par foyer entre 2010 et 2014. Ces dépenses ont tout de même diminué de 22 % en 2014. De même, les dépenses pour les musées, zoos et autres sites ont augmenté à chaque année, sauf en 2014, où elles ont soudainement chuté de 50 %. Enfin, les dépenses pour les spectacles et événements sportifs ont connu une évolution en dents de scie. Elles ont cru de 40 % en quatre ans, accusant tout de même une baisse de 9 % en 2014.

Dans l’ensemble, les dépenses pour le divertissement à l’extérieur du foyer ont connu une certaine reprise depuis la crise économique, dont les effets avaient été plus fortement ressentis en 2010. La baisse des dépenses enregistrée en 2014 serait-elle un simple retour à la normale après une année exceptionnelle ou serait-elle plutôt symptomatique de transformations dans les habitudes divertissement? Le revenu libre des Canadiens a-t-il été réaffecté à d’autres types de dépenses de loisirs?

Il faudra attendre les données de 2015 avant de formuler des hypothèses. Pour l’instant, tout ce que l’on peut affirmer, c’est que les dépenses de divertissements ne croissent pas à la même vitesse que d’autres types de dépenses.

Les Canadiens dépensent davantage pour les communications

En 2014, les ménages canadiens ont dépensé davantage pour de nombreuses dépenses de « consommation courante ». Par exemple, les dépenses de logement ont augmenté de 5 % et celles de nourriture, 14 % (soit beaucoup plus que le taux d’inflation de 2 % en 2014).

Parmi les dépenses courantes, les dépenses de communication ont connu plusieurs transformations importantes : les services mobiles ont pris l’ascendant sur les services téléphoniques conventionnels, les dépenses d’Internet suivent une tendance haussière et certaines dépenses autrefois marginales sont désormais des éléments tangibles dans le panier des dépenses de communication.

Dépenses des ménages (courantes) pour l'accès au contenu culturel

Seulement qu’en 2014, les dépenses pour des services en ligne ont plus que triplé, passant de 14 à 48 $ par ménage. Cela inclut les frais pour le visionnement en ligne de films et de séries dramatiques (par exemple, Netflix) et les services d’écoute de musique en continu (par exemple, Spotify). Cette hausse fulgurante témoigne des transformations rapides et profondes des modes d’accès au contenu culturel.

On observe aussi le corolaire de cette mutation dans les dépenses de réseau. L’utilisation de bande passante ou d’ondes pour transporter les paquets de données audio ou vidéo ont engendré des hausses importantes des dépenses de services Internet (31 % en quatre ans) et de services mobiles (36 % en quatre ans).

Les dépenses pour l’achat de téléphones ont aussi connu une hausse marquée. Elles ont augmenté de 61 % en quatre ans pour atteindre 92 $ par ménage en 2014. En comparaison, les Canadiens ont dépensé 116 $ pour des événements en direct en 2014.

En définitive, ces changements laisse à croire que les Canadiens sont toujours prêts à payer davantage pour les pour les périphériques, les frais de réseau et les services de distribution en ligne leur donnant accès au contenu culturel.

Dans cette perspective, est-il toujours approprié de considérer les dépenses de communications comme des dépenses courantes du ménage (catégorie à laquelle elles se rapportent actuellement) ou ne serait-il pas plus juste de les considérer comme des dépenses de loisirs?

 

Préparé par : Frédéric Julien, CAPACOA, mai 2016